LES INFECTIONS GYNECOLOGIQUES

robiotiques

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les probiotiques sont définis comme « des microorganismes vivants, qui lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate, confèrent un bénéfice pour la santé de l’hôte au-delà de l’effet nutritionnel premier ».

 

Si l'utilisation des probiotiques a largement été intégrée par l'industrie agro-alimentaire, essentiellement dans un but marketing, le concept tend peu à peu à l'être également par le monde médical.

 

En effet, si l'effet thérapeutique direct des probiotiques n'est pas encore clairement établi, leur action dans la prévention des infections et récidives des infections gynécologiques et urinaires semble admis par la communauté médicale si bien qu'aux USA, 80 % des médecins prescrivent des probiotiques en cas d'infections (mycoses et vaginoses) génitales et urinaires récidivantes.

 
 

Quel est le but d'un traitement par probiotiques en gynécologie

 

Il est désormais clairement établi qu'un déséquilibre de la flore bactérienne vaginale normale (flore de Döderlein) est associé à une augmentation des:

- Infections urinaires,

Mycoses vulvaires et vaginales,

Mauvaises odeurs vaginales par vaginose bactérienne,

- et risque d'infections par les infections sexuellement transmissibles (HIV, Gonocoque, chlamydia...).

 

Le principe de l'utilisation des probiotiques en gynécologie est le rétablissement de l’équilibre de l’écosystème vaginal.

Dans un premier temps, le probiotique va remplacer la flore naturelle défaillante.

Dans un second temps, le probiotique va créer les conditions écologiques propices à la recolonisation du vagin par cette flore naturelle.

 
 

Quel probiotique utiliser ? Combien de temps ?

 

Les études actuelles semblent privilégier l'utilisation de probiotiques comprenant plusieurs souches de lactobacilles.

Le choix de l’espèce de lactobacilles est important et doit se référer aux caractéristiques habituellement retrouvées dans la flore vaginale normale:

- faculté de produire des agents anti-oxydants,

- pouvoir d’adhérer à la paroi vaginale,

- faculté de produire un biofilm protecteur contre les infections,

- faculté d’altérer les biofilms des bactéries pathologiques.

Ces caractéristiques sont évidemment présentent dans la majorité des préparations disponibles sur le marché que cela soit :

-en traitement oral : Femibion® Flore Intime (2 souches),

-en traitement vaginal : Florgynal® Tampon Probiotique (3 souches), GYNEBIOTIC INTIMA® (1 souche), Hydralin Flora® (1 souche).

 

En ce qui concerne la durée du traitement, il est désormais établi qu'en cas de déséquilibre prouvé de la flore vaginale, l'utilisation du probiotique devra se faire sur une période de quelques semaines.

Une utilisation plus prolongée (plusieurs mois ou années) ne serait pas nécessaire à la restauration d'une flore vaginale normale.

 
 

Probiotiques : voie d'administration ? Vaginale ou orale ?

 

La majorité des études porte sur la voie vaginale avec des résultats satisfaisants. Cette voie d’administration semble, en effet, plus naturelle.

 

Des études de satisfaction ont montré que les femmes atteintes d’infections génitales récidivantes trouvaient un intérêt certain à l’utilisation de lactobacilles par voie locale. On trouve, cependant, des résultats intéressants à partir d’administration par voie orale de lactobacilles (L. rhamnosus et reuteri).

 

Selon les pathologies, les probiotiques seront prescrits juste avant les règles (mycoses) ou juste après (vaginoses).

 

Certains probiotiques s’utilisent également au cours des règles, c'est le cas des tampons probiotiques par exemples (Florgynal® Tampon Probiotique).

 

Ainsi le choix de la voie d'administration est essentiellement à la préférence de la patiente.

 
 

Rédacteur : docteur Romain GUILHERME

Mise à jour le 17 février 2015

 

 

Références Bibliographiques:

- S. Santosh et al. Role of probiotics in urogenital health care, 2011, Journal of Mid-life health.

- R. Quentin, Ecologie bactérienne vaginale: nature, exploration et prise en charge des déséquilibres, 2006, Mise à jour en Gynécologie Obstétrique du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français.

- J.M. Bohbot, Vaginose bactérienne, 2007, Mise à jour en Gynécologie Obstétrique du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français.